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jeudi 7 juin 2007

Les éléphants écoutent avec leurs pieds

Paris, 7 juin

Les éléphants se servent de leurs pieds pour "écouter" les appels des autres hardes, grâce aux vibrations transmises par les pas de leurs congénères, surtout lorsqu'il s'agit d'éléphants qu'ils connaissent. Les pachydermes sont déjà connus pour leur capacité de communiquer entre eux à plusieurs kilomètres de distance en émettant des sons à basse fréquence.
Une équipe de chercheurs dirigée par Caitlin O'Connell-Rodwell du département médical de l'université de Stanford en Californie soupçonnait que les vibrations générées dans le sol par les hardes lors de leurs déplacements devaient permettre aux éléphants de capter ainsi des signaux avec leurs pieds particulièrement sensibles.
Les chercheurs ont eu l'idée d'enregistrer des appels lancés par des éléphants pour alerter leurs congénères sur la présence de lions dans les parages en Namibie et au Kenya. Ils ont ensuite isolé les signaux émis par les vibrations au sol provenant de ces appels pour les retransmettre à des hardes d'éléphants rassemblés autour de points d'eau en Namibie. Les éléphants ont réagi de façon spectaculaire, d'abord en se figeant sur place puis en se regroupant en groupes compacts, avec les bébés au milieu. Plus les éléphants se trouvaient loin de l'appel lancé par la harde, moins ils réagissaient.
Plus curieux encore, les éléphants de Namibie étaient beaucoup moins réactifs aux alertes émises par des hardes du Kenya, apparemment parce qu'ils étaient peu familiers de ces dernières.

vendredi 25 mai 2007

Des crabes romains à l'abri depuis 3000 ans

Rome, 25 mai

En plein cœur de Rome, sous l'antique Forum de Trajan, une colonie de centaines de crabes d'eau douce prospère en toute tranquillité dans les canaux construits par les Etrusques, et s'ils n'ont été découverts qu'en 1997, leur présence pourrait bien remonter à 3.000 ans. Il y a 10 ans, le chercheur Massimiliano Scalici, alors étudiant en zoologie, décide de sécher les cours de la fac et part ses promener avec un de ses collègues dans l'amphithéâtre de Trajan, le plus grand des forums impériaux romains construit en l'an 113 de notre ère, lorsqu'en retournant une pierre ils tombent sur un étrange petit crabe à la carapace brune.
En compagnie d'une équipe de chercheurs en anatomie comparée de l'Université
de Rome III, ils découvrent peu à peu une colonie entière de "Potamon fluviatile", des crabes d'eau douce dont la présence incongrue dans une grande ville n'avait jamais été répertoriée. Les chercheurs pensent qu'ils sont environ un millier. Et s'ils sont aussi nombreux, c'est aussi parce qu'ils ont très peu de prédateurs, les chats ne s'y intéressent pas et les mouettes ne viennent pas la nuit car le site est éclairé en permanence.
Les premiers résultats de l'étude génétique que nous avons lancée montrent que les gènes des crabes de Trajan sont très proches de ceux des crabes d'eau douce grecs. Il est donc fort probable qu'ils aient été introduits par les Grecs il y a 2.500 ou 3.000 ans, et donc qu'ils étaient là avant même la fondation de Rome en 753 av JC. Si dans leur milieu naturel,rivières et torrents , la carapace des crabes d'eau douce mesure en moyenne 5 centimètres de long, celle des individus découverts à Trajan peut dépasser les 8 cm.
Le gigantisme est une des réponses des animaux à l'isolement, c'est un phénomène qui nécessite de très longues années. Le Forum de Trajan est évidemment très différent de l'environnement dans lequel les crabes ont l'habitude d'évoluer, et ils ont fait preuve ici d'une extraordinaire adaptation.
Les crabes romains ont également une durée de vie de 15 ans, contre une moyenne de 10 à 12 ans dans la nature. S'ils se nourrissent d'algues, de larves d'insectes et d'escargots, les crabes, omnivores, ont aussi été vus manger des mégots de cigarettes ou le polystyrène des emballages de fast-food.

mercredi 23 mai 2007

Un bébé requin sans accouplement

Belfast, 23 mai
Une femelle de la race des requins-marteaux a donné naissance sans accouplement à sa progéniture. Il ne s’agit pas d’une opération du saint esprit mais d’une exception, qui est une première biologique.
C'est la première étude scientifique sur la reproduction sexuelle chez les requins et les chercheurs disent que la découverte suscite des inquiétudes concernant la santé génétique et reproductrice des populations de requins en voie de diminution.
La découverte a été déclenchée par une naissance inattendue dans un aquarium au zoo Henry Doorly au Nebraska aux Etats-Unis en décembre 2001.
L'arrivée du nouveau bébé requin a dérouté le personnel étant donné qu'aucune des trois femelles requin-marteaux du réservoir n'a été exposée à un mâle requin-marteau pendant trois ans, depuis qu'elles ont été attrapées bébés en Floride.
Une réelle surprise. Jusque là tout le monde pensait que tous les requins se reproduisaient seulement par le biais de rapports sexuels entre un mâle et une femelle, l'embryon devant obtenir de l'ADN des deux parents pour se développer, comme chez les mammifères". La recherche qui débute pourrait résoudre le mystère présenté par les autres espèces de requins ayant des bébés en captivité sans avoir de contacts avec un mâle. Car il apparaît clairement qu'au moins quelques femelles requins peuvent passer d'un mode de reproduction sexuel à un mode de reproduction non-sexuel en l'absence de mâles.
Cet évènement n'est pas bénin car il entraîne une réduction de la diversité génétique chez la progéniture puisqu'il n'y a aucune nouvelle variation génétique introduite du côté paternel. Les femelles d'un petit nombre seulement d'espèces vertébrées peuvent donner naissance à des petits entièrement formés sans exiger que leurs œufs soient fertilisés par le sperme du mâle. Cette capacité de reproduction peu commune, appelée parthénogenèse est observée très occasionnellement au sein de petits groupes comme les oiseaux, les reptiles et les amphibiens. Cependant, cela n'avait jamais été observé auparavant chez les vertébrés principaux comme les mammifères ou les requins.